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Interview Edouard Level

Edouard Level

Qui es-tu et que fais-tu ?

Je suis Edouard Level, j'ai 41 ans, marié et père de 4 enfants. J'ai un parcours un peu atypique puisque dans ma carrière professionnelle j'ai autant été un entrepreneur qu'un collaborateur dans différentes structures et j'ai baigné autant dans le monde de la finance, du media, de la 3D, du CRM, que dans l'univers de la régie mobile.

Quel est votre rapport avec l'événementiel ? 

L'événementiel est un media qui doit créé de l'émotion. L'événementiel est très large et doit évoluer avec l'arrivée du digital. Concrètement, on a encore un événementiel de masse comme le MWC à Barcelone, Dmexco à Cologne ou le CES à Las Vegas et puis des événements premium, de rencontre, avec une prise de rendez-vous qualifié en amont.

Par rapport aux outils digitaux, avez-vous vu une évolution par rapport à vos débuts ?

Par exemple, la carte de visite est un élément dont on a du mal à se passer. Je ne sais pas si tu le sais mais chaque pays et a sa propre culture sur la carte de visite. En France, si on te donne une carte de visite, tu as tendance à jouer avec pendant toute la réunion ! En Asie, quand quelqu'un te donne sa carte de visite, c'est une reconnaissance et il ne faut surtout pas jouer avec devant un chinois ou un japonais qui vient de te la donner.

Pour revenir sur la question de la transformation digitale : quand tu lances un nouveau produit, Internet au sens large est absolument extraordinaire pour diffuser toute l’information nécessaire. Les derniers outils digitaux comme Périscope ou Facebook Live sont exceptionnels et vont encore révolutionner le marché de l'événementiel. L'événementiel est loin d'être mort. Il est entrain de se transformer.

Prenons l'exemple d'événements qui sont plus qualitatifs comme Les BigBoss organisé par Hervé Bloch. Les BigBoss est un événement formidable et est extrêmement bien organisé pour tous les ecommerçants. Le fonctionnement est très simple : les prestataires payent pour pouvoir y participer et cela permet d'inviter les ecommerçants. Y'a un ratio d'à peu près 2/3 d'ecommerçants et 1/3 de prestataires.

Il y a une journée organisée sous la forme d'un speed dating qui permet à tous les ecommerçants de voir en 7 minutes un certains nombres de prestataires pour pouvoir se revoir potentiellement à Paris.

Je te donne le meilleur exemple : ma femme sera la prochaine Présidente du Jury des BigBoss. En tant que DG en charge du Marketing, Digital et de la technologie du Club Med, qui a pris ses fonctions y'a quelques mois, trouve extraordinaire de pouvoir pendant un weekend dénicher des prestataires qui vont pouvoir répondre à ses problématiques. On est dans un événement très premium, très quali qui fonctionne très bien.

Au delà de cela, les gens sont très heureux de se retrouver parce que le monde d'Internet, du digital est un petit monde et apprécient de se retrouver. C'est l'événement premium tel qu'il doit être aujourd'hui. L'événement en "one to one" a plutôt été lancé par l'univers du marketing digital mais je suis sûr que d'autres secteurs vont s'y mettre.

Constates-tu un retard de la France par rapport à d'autres pays en terme d'approche de l'événementiel ?

Oui. Je prends l'exemple du Salon Ecommerce à Paris qui n'a plus vraiment raison d'être. De moins en moins d'exposants prennent de stands, parce qu'il y a de moins en moins de gens qui se déplacent sur ce type d'événements. A l'inverse, un événement tel que le Dmexco à Cologne, événement européen sur le media et la publicité qui rassemble un monde hallucinant. Y'a tellement de gens que ça respire business !  Quand tu rentres et quand tu en ressors, tu as envie de tout déchirer.

Finalement, l'événementiel est le reflet de l'économie : les événements moyens disparaissent ou sont absorbés par les gros et les petits se spécialisent.

Exactement et après il faut savoir se réinventer. Y'avait une conférence qui s'appelait LeWeb, c'était l'événement phare du secteur digital pendant quelques années. Il a chuté parce qu'il n'a pas su se réinventer, les gens trouvaient les deux dernières éditions similaires. A l'inverse le Web Summit à Dublin monté par un fils de paysan qui avait 26 ou 27 ans, la première année avait fait 400-500 personnes, 3 ans après en attirent 40 000 !

C'est devenu tellement grand qu'il déménage à Lisbonne cette année. Cela montre bien que les européens par rapport aux français ont plus cette culture de l'événement au sens large. Un autre exemple, on a très peu de speakers français qui participe à des conférences dans le monde entier. Parce que l'on n'est pas bien formé à cela, on n'a pas la culture de l'oral, c'est dommage.

Un business où l'événementiel a particulièrement été décisif pour ton business ?

A la grande époque du Salon Ecommerce entre 2010 et 2012, quand j'étais dans le CRM chez Emailvision, c'était un événement où au bout de 3 jours, on repartait avec un nombre de leads assez impressionnant. Ça grouillait de monde, on était comme des chasseurs de contacts et on faisait de très beaux résultats.

As-tu une astuce business sur les événements ?

Oui, pour un salon comme MWC à Barcelone où le prix du stand est très cher. Pour des structures qui n'ont pas forcément les moyens : ce qui est assez bien, c'est de se balader sur le salon, de rencontrer des clients, des prospects et de les accueillir dans une suite d'hôtel à partir de 18h jusqu'à 21h où tu peux leur offrir à boire et discuter. Tu les démarches dans la journée et tu les invites dans la suite, cela fonctionne bien. En terme de retour sur investissement c'est top. Il faut savoir être malin.


Plus d'informations : 

Edouard Level : son profil LinkedIn

Diplômé de l’ISC Paris en 2000, Edouard Level a commencé sa carrière en tant que chef de projet et chargé de mission partenariat stratégique chez GE Capital Bank en 1999. En 2001, il est nommé responsable commercial chez TF1 Pub Production, puis devient Europe Sales Manager & Education Worldwide Sales manager pour le compte de Virtools (Dassault Systèmes Company). En 2005, il lance Hotlobster (racheté par le groupe Première heure) en tant qu'associé fondateur en charge du Business Développement. Il devient Partner Sales Manager EMEA d’Emailvision en 2010, puis entre chez Mailjet en 2013 en tant que VP Sales et participe à la création de Motionlead en 2014 (revendu à la régie Adikteev).


 

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